Les fourmis cultivent des champignons depuis plus de 66 millions d’années – bien plus longtemps que les humains n’ont commencé à cultiver des cultures, selon une nouvelle étude. Après qu’un astéroïde a frappé la Terre, provoquant une extinction massive, certaines espèces de fourmis ont commencé à dépendre des champignons comme source de nourriture durable.
Cette agriculture naturelle peut offrir un aperçu de la manière dont les systèmes vivants peuvent développer des pratiques autosuffisantes. Des scientifiques de la Smithsonian Institution et de la Louisiana State University (LSU) ont dirigé l'étude, analysant les informations génétiques de centaines d'espèces de fourmis et de champignons pour explorer leur relation de longue date.
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Une analyse d'ADN ancienne révèle les méthodes agricoles évolutives des fourmis
En examinant l’ADN de 276 espèces de fourmis et de 475 espèces de champignons, les chercheurs ont construit des arbres évolutifs détaillés pour comprendre quand et comment les fourmis sont devenues pour la première fois des producteurs de champignons. Selon Science Daily, ils ont découvert que peu de temps après l’extinction, les fourmis ont commencé à former un partenariat unique avec des champignons qui leur a permis de s’adapter et de survivre.
Le Dr Vinson Doyle, mycologue du LSU AgCenter, et le Dr Brant Faircloth, professeur au Département des sciences biologiques de LSU, ont aidé à diriger les efforts de recherche génétique. Ils ont développé des techniques pour capturer d’infimes quantités d’ADN à partir de fragments fongiques transportés par les fourmis, permettant ainsi de retracer cette relation depuis des millions d’années.
L’équipe de recherche a noté que lorsque les fourmis ont commencé à cultiver des champignons, le partenariat a évolué, les fourmis cultivant des types spécifiques de champignons qui prospéraient sur les feuilles mortes en décomposition et d’autres matières organiques.
Cette étude met en lumière la façon dont l’agriculture peut transformer les écosystèmes, offrant des informations qui pourraient éclairer les pratiques agricoles humaines. Alors que l’agriculture humaine n’existe que depuis quelques milliers d’années, l’agriculture des fourmis a résisté à des changements environnementaux dramatiques.
Le Dr Doyle a expliqué que comprendre de tels systèmes agricoles durables peut fournir des modèles de durabilité, car les fourmis ont maintenu leurs pratiques agricoles sans épuiser leurs ressources.
Les chercheurs ont découvert des similitudes frappantes entre l’agriculture antifongique et la culture humaine. Les fourmis et les humains sélectionnent et domestiquent des organismes spécifiques pour cultiver de la nourriture, façonnant ainsi leur environnement au fil des générations.
Selon le Dr Faircloth, cette approche commune de l’agriculture montre que différentes espèces peuvent parvenir à des solutions similaires pour maintenir leurs sources de nourriture.
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