Une équipe de recherche internationale a publié une analyse d’attribution rapide qui donne des chiffres à une question posée par des millions d’Américains alors qu’ils observaient un ciel brumeux en juillet : dans quelle mesure le réchauffement d’origine humaine a-t-il modifié les risques d’incendies derrière la saison 2026 au Canada ?
L’analyse, publiée jeudi par l’initiative World Weather Attribution de l’Imperial College de Londres, a révélé que les incendies extrêmes en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest sont devenus environ deux fois plus probables en raison du réchauffement climatique de 1,4 degrés Celsius enregistré jusqu’à présent. L’une des quatre mesures examinées par l’équipe, la mesure sur sept jours dans les Territoires du Nord-Ouest, s’est révélée plus élevée, d’environ un facteur cinq. Des scientifiques du Canada, des États-Unis, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont contribué à ces travaux, qui utilisent des méthodes évaluées par des pairs, mais n’ont pas eux-mêmes fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Cette découverte est importante pour les ménages américains bien en dehors des zones brûlées. La fumée des incendies a poussé un air malsain à travers le Midwest et le Nord-Est en juillet, avec des alertes s’étendant du Minnesota au New Hampshire et affectant plus de 120 millions de personnes. L’étude considère ces épisodes comme une caractéristique récurrente du réchauffement climatique plutôt que comme une caractéristique ponctuelle, ce qui change la façon dont les familles souffrant d’asthme, de problèmes cardiaques ou de travaux extérieurs devraient planifier la fin de l’été.
À l’intérieur des chiffres derrière le doublement
Les chercheurs ont mesuré la météo des incendies à l’aide de l’indice de gravité quotidien cumulatif, une version à l’échelle de l’indice canadien de météorologie des incendies qui reflète la difficulté d’éteindre un incendie une fois qu’il a commencé. Ils ont examiné les sept jours d’incendies les plus intenses et la période maximale de 30 jours dans chaque région.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, le chiffre de sept jours observé en juillet avait une période de retour d’environ deux ans dans le climat actuel, tandis que le chiffre de 30 jours, plus pertinent pour les incendies soutenus là-bas, avait une période de retour d’environ six ans. D’après les seules observations, ces mêmes événements auraient été attendus environ tous les 50 ou 100 ans dans un climat plus froid de 1,4 degrés Celsius.
En Ontario, où les incendies se sont propagés et se sont développés à une vitesse inhabituelle, la mesure de sept jours comportait une période de retour de 15 ans dans le climat actuel et était environ 3,5 fois plus probable que dans le climat contrefactuel. La mesure de 30 jours avait une période de retour de six ans et s’est avérée environ huit fois plus probable.
La saison canadienne s’est intensifiée à une vitesse inhabituelle. Environ 94 pour cent de la superficie totale brûlée s’est produite au cours des cinq semaines entre la fin juin et la fin juillet, selon les chiffres tirés de l’étude du Système canadien d’information sur les incendies de forêt. Plus de 3 millions d’hectares, soit environ 7,4 millions d’acres, avaient brûlé à l’échelle nationale au moment de la publication du rapport, et la saison a déclenché une réponse nationale de niveau 4.
Les estimations du modèle et des observations ne concordent pas entièrement
C’est là que l’étude demande aux lecteurs de ralentir. Les résultats basés sur les observations et les résultats des modèles climatiques ne concordent pas clairement, et les auteurs le disent directement.
Les observations à elles seules ont produit des augmentations de probabilité très importantes, particulièrement en Ontario. Les modèles climatiques ont montré une augmentation beaucoup plus faible de la probabilité et de l’intensité dans les deux régions et dans les deux définitions d’événements. La combinaison des deux sources de données, ce qui est une pratique courante dans le travail d’attribution, a produit les chiffres les plus conservateurs : environ un facteur cinq dans les Territoires du Nord-Ouest pour la mesure sur sept jours, et environ un facteur deux pour les trois autres combinaisons.
L’équipe a également tracé une limite autour de ce qu’elle ne pouvait pas conclure. En analysant 24 mois de précipitations effectives, la différence entre les précipitations et l’évapotranspiration potentielle, les chercheurs ont constaté que le changement d’intensité était faible et très incertain dans les observations, sans tendance évidente dans les modèles. Ils ne pouvaient donc pas attribuer les deux années de sécheresse précédant les incendies au changement climatique d’origine humaine. Ils ont noté que cela ne s’applique pas nécessairement à l’apparition rapide d’une sécheresse à des échelles de temps plus courtes, qui sont intégrées dans la composante du code de sécheresse de l’indice météorologique des incendies.
Les communautés qui supportent la charge la plus lourde
Le rapport est direct quant à savoir qui absorbe le plus de dégâts. Les communautés autochtones sont surreprésentées dans les zones sujettes aux incendies de forêt, et les endroits éloignés dotés de voies de transport limitées rendent les évacuations plus lentes et plus difficiles. Les évacuations répétées perturbent l’accès aux terrains de chasse, aux aliments traditionnels et aux pratiques culturelles, et les saisons d’incendies successives laissent moins de temps de récupération entre les catastrophes.
Les pompiers forestiers sont également confrontés à des problèmes de santé physique et mentale accrus. Avec l’augmentation rapide du nombre d’incendies simultanés, le personnel, les avions et l’équipement ont été répartis entre les juridictions.
Pour les lecteurs américains, la voie d’exposition est la fumée plutôt que la flamme. La fumée des incendies de forêt a été associée à un recours accru aux soins de santé d’urgence pour les problèmes respiratoires et cardiovasculaires, et les effets peuvent apparaître quelques jours après un épisode d’exposition. Les ménages comptant des personnes âgées, de jeunes enfants, des personnes enceintes ou des personnes souffrant d’asthme ou de maladies cardiaques sont les plus exposés au risque lors d’un événement de fumée.
Mesures que les ménages peuvent prendre avant le prochain épisode de fumée
Au Canada, la saison des incendies s’étend généralement jusqu’à l’automne, ce qui permet de transporter davantage de fumée. La réponse pratique est la préparation plutôt que l’alarme.
Les résidents du Midwest, des Grands Lacs et du Nord-Est peuvent vérifier les conditions actuelles sur la carte de qualité de l’air AirNow de l’EPA avant de planifier des exercices en plein air, des sports pour les jeunes ou des travaux de jardinage, et peuvent s’inscrire aux alertes locales sur la qualité de l’air par l’intermédiaire de leur agence environnementale d’État. Les ménages qui utilisent des purificateurs d’air portables doivent confirmer que le filtre est conçu pour les particules fines et dimensionné pour la pièce. Les personnes souffrant d’asthme ou de maladie pulmonaire obstructive chronique doivent confirmer qu’elles disposent de médicaments de secours à jour avant un épisode de fumée plutôt que pendant celui-ci.
Ce sont les responsables locaux de la santé, et non les moyennes nationales, qui devraient guider les décisions concernant les activités scolaires et le travail en plein air. Toute personne souffrant d’une oppression thoracique, d’un essoufflement grave ou d’une toux qui s’aggrave lors d’un événement de fumée doit contacter un médecin.
Nature World News a déjà fait état de la pression exercée cette saison sur les équipes de lutte contre les incendies. Ce qui est nouveau, c’est la conclusion d’attribution quantifiée et sa prise en compte explicite des points où les preuves sont solides et de celles qui ne le sont pas.
Ce qui reste en suspens, c’est la façon dont se déroulera le reste de la saison. L’analyse couvre les conditions de juillet et ne prévoit pas les mois à venir. Les totaux finaux des zones brûlées, les pertes de structures et le nombre d’évacuations ne seront pas connus avant la fin de la saison, et la question de la sécheresse pluriannuelle reste ouverte.
Ce que les lecteurs veulent savoir
Qu’a réellement révélé l’étude ? Ce réchauffement d’origine humaine a rendu les conditions météorologiques extrêmes liées aux incendies en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest environ deux fois plus probables, sur la base de preuves combinées d’observation et de modèles, l’une des quatre mesures étant plus proche d’un facteur cinq.
Cela signifie-t-il que le changement climatique est à l’origine des incendies ? Non. L’analyse porte sur les conditions météorologiques qui rendent les incendies difficiles à éteindre, et non sur leur allumage. La foudre et l’activité humaine déclenchent des incendies, et la structure des combustibles et la gestion des terres déterminent leur propagation.
Quelles régions des États-Unis ont été touchées par la fumée ? Les alertes sur la qualité de l’air de juillet se sont étendues du Minnesota au New Hampshire, affectant plus de 120 millions de personnes dans le Midwest et le Nord-Est.
Pourquoi les résultats du modèle et des observations diffèrent-ils ? Les observations ont capturé des augmentations plus importantes que les modèles climatiques. Les études d’attribution combinent les deux, ce qui produit une estimation finale plus conservatrice et des plages d’incertitude plus larges.
Cette analyse a-t-elle été évaluée par des pairs ? Pas encore. Il applique des méthodes d’attribution évaluées par des pairs, mais a été produit rapidement, ce qui est la norme pour ce type d’étude.
Qui est confronté au risque de santé le plus élevé lors d’un événement de fumée ? Personnes âgées, jeunes enfants, personnes enceintes, travailleurs extérieurs et toute personne souffrant d’asthme, de maladie pulmonaire chronique ou de problèmes cardiovasculaires.
Où les lecteurs peuvent-ils vérifier la qualité de l’air ? La carte AirNow de l’EPA fournit des lectures et des prévisions actuelles par code postal, et la plupart des agences environnementales des États proposent des abonnements gratuits aux alertes.
