Les ours bruns en quête de nourriture affectent le sol et les arbres dans les forêts artificielles

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Tokyo révèle que des ours bruns d'Hokkaido, au Japon, ont creusé des forêts artificielles de conifères à la recherche de nymphes de cigales, causant des dommages importants aux racines des arbres et aux niveaux d'azote du sol.

L’impact invisible des forêts de conifères plantées par l’homme

Dans les paysages sereins d’Hokkaido, au Japon, un comportement particulier parmi la population locale d’ours bruns est apparu. Des chercheurs de l'Université de Tokyo ont dévoilé une découverte surprenante dans la péninsule de Shiretoko. Les ours, connus pour leur nature robuste et adaptable, ont été observés en train de perturber la croissance des arbres dans les forêts artificielles de conifères.

L'étude, publiée dans Ecology-Researchers, impliquait une analyse complexe comparant des échantillons de sol et d'arbres provenant de parcelles boisées par l'homme avec ceux provenant de forêts naturelles. Il a été révélé que la quête des nymphes des cigales par les ours avait par inadvertance endommagé les racines des arbres et modifié la teneur en azote du sol.

Ce phénomène est absent dans les forêts naturelles à végétation diversifiée où les ours bruns se promènent sans être affectés. Les résultats soulèvent des questions urgentes sur l’équilibre écologique et la biodiversité dans le contexte de l’intervention humaine.

Cigales – Un régime inhabituel signifiant une détresse écologique ?

Le changement inhabituel de régime alimentaire des ours bruns vers les cigales n'est pas seulement une question de goût éclectique, mais semble être le symptôme d'un problème écologique sous-jacent. On soupçonne que les réserves alimentaires rares dans les forêts de conifères plantées par l'homme sont à l'origine de ce comportement.

Même s'il reste incertain si ce changement de régime alimentaire est directement attribué aux pratiques forestières artificielles ou si d'autres facteurs environnementaux sont en jeu, ce qui est clair est son impact significatif sur la flore et la faune.

Cette révélation souligne la nécessité cruciale d’études approfondies axées sur le comportement animal en tant qu’indicateur de la santé écologique. Il appelle également à réévaluer les pratiques forestières pour garantir qu’elles favorisent la biodiversité et la résilience écologique plutôt que de causer des dommages par inadvertance.

Comment les ours bruns creusent pour les cigales

Les chercheurs ont utilisé des pièges photographiques et des colliers GPS pour surveiller les mouvements et les activités des ours bruns dans la péninsule de Shiretoko.

Ils ont constaté que les ours passaient plus de temps à creuser dans les forêts de conifères plantées par l'homme que dans les forêts naturelles, en particulier à la fin de l'été et en automne, lorsque les nymphes des cigales sont abondantes dans le sol.

Les ours ont utilisé leurs puissantes griffes et leur museau pour creuser le sol et exposer les nymphes des cigales, qu'ils ont ensuite mangées comme collation riche en protéines.

Les chercheurs ont estimé qu'un seul ours pouvait creuser jusqu'à 200 fosses par jour, chacune d'environ 30 centimètres de diamètre et 10 centimètres de profondeur.

Le comportement de creusement a non seulement perturbé la structure du sol et réduit sa capacité de rétention d'eau, mais a également sectionné les fines racines des arbres, essentielles à l'absorption des nutriments et au transport de l'eau.

Les chercheurs ont mesuré la teneur en azote du sol et le taux de croissance en diamètre des arbres dans les parcelles boisées par l'homme et dans les forêts naturelles.

Ils ont constaté que la teneur en azote du sol était plus faible et que le taux de croissance des arbres était plus lent dans les parcelles boisées par l'homme que dans les forêts naturelles.

Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la faible teneur en azote du sol était due à l’élimination des nymphes des cigales, riches en azote, par les ours. Le taux de croissance plus lent des arbres était probablement dû aux dommages causés aux racines et à la disponibilité réduite d’azote dans le sol.

Implications pour la conservation et la foresterie

L'étude met en évidence les interactions complexes et inattendues entre les activités humaines et les écosystèmes naturels, ainsi que les conséquences potentielles sur la faune et la végétation.

Les chercheurs suggèrent que les forêts artificielles de conifères ne constituent peut-être pas des habitats adaptés aux ours bruns, car elles n'ont pas la diversité et l'abondance de sources de nourriture qu'offrent les forêts naturelles.

Ils préviennent également que les forêts artificielles de conifères pourraient ne pas atteindre leur objectif prévu, soit restaurer l'état forestier d'origine de la terre, car elles sont vulnérables aux impacts de creusement des ours.

Ils recommandent que les futures pratiques forestières tiennent compte des besoins écologiques et des comportements de la faune locale et visent à créer des écosystèmes forestiers plus diversifiés et plus résilients, capables de soutenir à la fois le bien-être humain et animal.

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