Des milliards d'organismes marins participent à la plus grande migration de la planète, impactant les niveaux de carbone

Chaque soir, au coucher du soleil, un événement remarquable se déroule dans l'océan. D’innombrables créatures minuscules, comme le zooplancton et les crustacés, remontent à la surface pour manger des algues microscopiques avant de redescendre dans les profondeurs à l’aube.

Cette migration nocturne est la plus importante du genre sur Terre et contribue à éliminer des millions de tonnes de carbone de l’atmosphère chaque année. Malheureusement, à mesure que la planète se réchauffe, les scientifiques s’inquiètent de plus en plus du déclin de ces processus naturels.

La migration nocturne des créatures océaniques joue un rôle clé dans l’absorption du carbone

En 2023, qui a été enregistrée comme l’année la plus chaude jamais enregistrée, une étude mondiale a montré une baisse significative de l’absorption du carbone par les terres. Les chercheurs ont découvert que les forêts, les plantes et le sol n’absorbaient pratiquement aucun carbone.

Cette tendance alarmante signifie que les puits de carbone essentiels, qui contribuent à absorber environ 50 % des émissions humaines, sont en panne. De plus, les glaciers du Groenland et de l'Arctique fondent plus rapidement que prévu, perturbant les courants océaniques comme le Gulf Stream et réduisant encore davantage la capacité des océans à absorber le carbone.

Johan Rockström, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique, a exprimé son inquiétude lors de la Semaine du climat à New York. Il a souligné que la nature a réussi jusqu’à présent à équilibrer les effets de l’activité humaine, mais que cet équilibre atteint désormais son point de rupture.

L’étude de 2023 a également indiqué que les écosystèmes terrestres pourraient retrouver leur rôle antérieur d’absorption du carbone si les sécheresses et les incendies de forêt ne se produisaient pas fréquemment. Cependant, avec la hausse des températures et les phénomènes météorologiques extrêmes, ces écosystèmes sont confrontés à de nouveaux défis.

Le bassin du Congo reste la seule forêt tropicale humide qui absorbe effectivement plus de carbone qu’elle n’en émet, contrairement à l’Amazonie, qui est aux prises avec la sécheresse et la déforestation. Si la tendance actuelle se poursuit, les émissions du sol, deuxième réservoir de carbone, pourraient augmenter jusqu’à 40 % d’ici la fin du siècle.

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L’instabilité des écosystèmes constitue une menace pour l’absorption du carbone et les objectifs climatiques

Tim Lenton de l'Université d'Exeter a souligné que les réponses inattendues des écosystèmes remettent en question les prévisions précédentes, soulevant des questions sur leur avenir en tant que puits de carbone, selon The Guardian.

Malgré les efforts de recherche en cours, de nombreux modèles climatiques ne tiennent pas compte des pertes importantes de carbone causées par les incendies de forêt ou les sécheresses. Andrew Watson, de l'Université d'Exeter, a averti que même si les modèles prédisent un déclin progressif des puits de carbone, la réalité pourrait se révéler beaucoup plus tôt.

Alors que le changement climatique continue d’avoir un impact sur les puits de carbone naturels, les conséquences pour les pays qui s’efforcent d’atteindre leurs objectifs climatiques deviennent de plus en plus graves. La Finlande, par exemple, a vu disparaître son puits terrestre autrefois robuste, menaçant ses objectifs de neutralité carbone malgré une réduction de 43 % des émissions.

Les experts conviennent qu'il est crucial de protéger les puits de carbone existants et de réduire les émissions provenant des combustibles fossiles. Le professeur Pierre Friedlingstein de l'Université d'Exeter a souligné que compter uniquement sur les forêts pour absorber le carbone n'est pas une solution durable.

Sans une action immédiate, l’équilibre délicat des écosystèmes de la Terre pourrait être irrémédiablement perturbé, laissant les générations futures en assumer les conséquences.

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