Les technologies de nettoyage ne sont peut-être pas la meilleure solution contre la pollution plastique, selon une nouvelle étude

La pollution plastique est l’un des défis environnementaux les plus urgents de notre époque. Des millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans, constituant une menace pour la vie marine, la santé humaine et le climat.

Pour résoudre ce problème, de nombreuses technologies de nettoyage innovantes ont été développées et déployées, telles que des barrages flottants, des filets, des drones et des robots.

Cependant, une étude récente publiée dans Environmental Science & Technology prévient que certaines de ces technologies pourraient avoir des conséquences négatives involontaires sur l’environnement et la société.

L’étude appelle à une approche plus holistique et plus prudente du nettoyage du plastique et appelle à la réglementation de ces technologies dans le cadre d’un traité international sur les plastiques.

Les risques et les limites des technologies de nettoyage

L’étude, dirigée par des chercheurs de l’Institut norvégien de recherche sur l’eau (NIVA), a réuni un groupe de parties prenantes de différents secteurs et perspectives pour discuter des avantages et des inconvénients potentiels de diverses technologies de nettoyage.

Les participants comprenaient des représentants du monde universitaire, de l’industrie, de la société civile et des politiques.

L’étude a utilisé une méthode participative appelée méthodologie Q pour recueillir et analyser les points de vue des parties prenantes sur les technologies de nettoyage.

Les résultats ont révélé qu’il y avait un consensus général parmi les participants sur le fait que les technologies de nettoyage ne constituent pas une solution miracle pour résoudre la crise du plastique et qu’elles devraient être utilisées en complément des mesures de prévention et de réduction.

Cependant, les opinions divergent également sur l’efficacité, la faisabilité et l’opportunité des différents types de technologies de nettoyage.

Certains des principaux risques et limites identifiés par les participants étaient :

Impacts écologiques

Les technologies de nettoyage peuvent nuire ou perturber les organismes et écosystèmes marins, surtout si elles ne sont pas conçues ou utilisées avec soin.

Par exemple, traîner un filet sur la surface de l’océan peut capturer non seulement des plastiques, mais aussi des poissons, des tortues, des oiseaux et du plancton.

De plus, certaines technologies de nettoyage peuvent générer une pollution ou des émissions supplémentaires, telles que du bruit, des produits chimiques ou des gaz à effet de serre.

Impacts sociaux

Les technologies de nettoyage peuvent affecter les moyens de subsistance et le bien-être des communautés côtières, en particulier dans les pays en développement où les systèmes de gestion des déchets sont inadéquats ou inexistants.

Par exemple, certaines technologies de nettoyage peuvent concurrencer ou supplanter les récupérateurs de déchets locaux qui dépendent de la collecte et de la vente de déchets plastiques pour gagner de l’argent.

De plus, certaines technologies de nettoyage peuvent créer un faux sentiment de sécurité ou de responsabilité chez les consommateurs et les producteurs, conduisant à une augmentation de la consommation ou de la production de plastique.

Impacts économiques

Les technologies de nettoyage peuvent entraîner des coûts élevés et de faibles rendements, en particulier dans les zones reculées ou inaccessibles où la pollution plastique est dispersée ou incrustée.

Par exemple, certaines technologies de nettoyage peuvent nécessiter des équipements, un entretien, un transport ou une élimination coûteux.

De plus, certaines technologies de nettoyage peuvent se heurter à des obstacles juridiques ou logistiques pour fonctionner au-delà des frontières ou juridictions nationales.

Le besoin de régulation et de coordination

L’étude conclut que les technologies de nettoyage devraient être réglementées dans le cadre d’un traité international sur les plastiques afin de garantir qu’elles sont sûres, efficaces et équitables.

Le traité devrait établir des normes et des critères clairs pour la conception, l’exploitation, le suivi et l’évaluation des technologies de nettoyage et devrait également promouvoir la coopération et la coordination entre les différentes parties prenantes et secteurs impliqués dans le nettoyage du plastique.

Selon l’étude, les technologies de nettoyage doivent être évaluées au cas par cas, en tenant compte du contexte et des conditions locales.

Ils devraient également être prioritaires pour les zones très polluées et facilement accessibles, telles que les rivages ou les embouchures des rivières, et intégrés à d’autres solutions, telles que les systèmes de gestion des déchets, les installations de recyclage ou les modèles d’économie circulaire.

L’étude souligne que les technologies de nettoyage ne remplacent pas les mesures de prévention et de réduction à la source de la pollution plastique.

Les chercheurs ont fait valoir que l’objectif ultime devrait être d’éliminer le besoin de nettoyage en éliminant progressivement les plastiques inutiles et problématiques de la production et de la consommation.

L’étude espère stimuler un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes sur la meilleure façon de résoudre le problème de la pollution plastique de manière holistique et prudente.

Cependant, davantage de recherche et d’innovation sur les technologies de nettoyage réellement bénéfiques pour l’environnement et la société sont nécessaires.

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