Les matériaux naturels de construction : une double réponse au réchauffement climatique

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son sixième rapport d’évaluation estime que le secteur du bâtiment représente une large part des émissions de gaz à effets de serre française : 30 % ! Si on veut s’améliorer, c’est l’une des principales cibles.

Les matériaux isolants naturels: une petite révolution écologique

Il y a justement une petite révolution qui permettrait de résoudre ce problème : les matériaux naturels. C’est ce que nous allons vous présenter ici.

Une empreinte carbone moindre

Les matériaux isolants de synthèse, comme la laine de verre, demandent beaucoup d’énergie pour être produits à partir de matériaux eux-mêmes polluants, comme les dérivés pétroliers.

A l’inverse, les matériaux biosourcés ont capté du carbone par photosynthèse avant d’être transformé, avec des procédés peu polluants et consommant peu d’énergie, en matériaux isolants. Leur bilan carbone est au final celui d’un puit de carbone : leur production a capté davantage de carbone qu’elle n’en a libéré !

Les matériaux isolants naturels les plus connus sont la laine de bois, la fibre de bois, la ouate de cellulose, le liège, le coton et autres textiles recyclés, le chanvre ou encore le lin.
Ouate de cellulose

Le déphasage : un confort thermique naturel en été

S’ils sont comparables sur le plan de l’isolation thermique, il y a un plan sur lequel les matériaux naturels dominent totalement les isolants chimiques : le déphasage.

Le déphasage thermique désigne le temps qu’il faut pour qu’un changement de température à l’extérieur traverse la couche d’isolant et atteigne l’intérieur. En pratique, une couche d’isolant avec un bon déphasage ralentit le transfert de chaleur, gardant l’intérieur frais en été et chaud en hiver, et contribuant ainsi à une meilleure régulation thermique et à l’efficacité énergétique du bâtiment.

Les isolants naturels, plus denses, ont un déphasage beaucoup plus élevé que les isolants classiques, accordant un confort thermique largement meilleur en été. Cela va devenir de plus en plus important à mesure que le réchauffement climatique progresse et que les étés s’intensifient.
Laine de bois

Les challenges des matériaux écologiques : étanchéité, la disponibilité et la formation

Le principal challenge des matériaux isolants naturels n’est pas le prix (ils sont un peu plus chers, mais comparables et le déphasage compense largement). Il y en a trois : l’étanchéité, la disponibilité et, surtout, la formation.

L’étanchéité : des matériaux sensibles à l’humidité

Composés de matières organiques, les matériaux naturels sont sensibles à l’humidité. Même s’ils laissent passer la vapeur (ils sont « hygroscopiques », une autre de leur qualité, mais passons), ils sont eux-même sensibles ) son accumulation et à l’eau liquide. Cela peut causer des moisissures et des dommages à l’intégrité du matériau.

Pour contrer cet effet, il faut ajouter un système pare-vapeur pour protéger votre isolation. Il s’agit d’un ensemble de feuilles (« frein-vapeurs »), combinés à des adhésifs étanches. Correctement protégé, votre isolant aura une durée de vie très longue, supérieure à celle des isolants classiques.

La disponibilité des ressources

Un autre frein est la disponibilité des ressources. Il n’y a pas une infinité de journaux à recycler (un problème pour la ouate de cellulose) ou de forêts gérés éco-responsablement (pour la laine de bois). Est-ce que nous pourrions en trouver assez si tous les français isolaient avec des matériaux naturels ? Ce n’est pas certain.

La formation

Enfin, le principal obstacle pour la fin : la formation. Les artisans et architecte sont formés pour travailler avec des isolants classiques et ne sont pas forcément formés à l’éco-conception et à la construction bioclimatique. Ce sera probablement le plus grand chantier.

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