Tropicalisation : différentes espèces de la vie marine subissent des mouvements de masse en raison de l’augmentation de la température de la mer

L’océan abrite un éventail vaste et diversifié de formes de vie, du plancton microscopique aux baleines gigantesques.

Ces organismes marins jouent un rôle vital dans le système climatique de la Terre et fournissent de la nourriture, des moyens de subsistance et des loisirs à des milliards de personnes.

Mais l’océan est également confronté à des menaces sans précédent provenant des activités humaines, notamment du changement climatique.

Une nouvelle étude a révélé comment le réchauffement climatique affecte la répartition et l’adaptation de la vie marine, et ce que cela signifie pour l’avenir de la biodiversité des océans.

Le réchauffement des eaux pousse la vie marine à migrer et à s’adapter

Le changement climatique a un effet direct et dramatique sur les environnements marins de notre planète.

À mesure que les océans du monde se réchauffent, la masse totale des animaux marins devrait diminuer de 5 % pour chaque degré Celsius (1,8 degrés Fahrenheit) d’augmentation de la température.

Cela signifie que d’ici la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel, les océans pourraient perdre un sixième de leur vie marine.

Cependant, toutes les espèces ne sont pas également affectées par la hausse des températures. Certains sont plus sensibles au stress thermique, tandis que d’autres sont plus résilients ou adaptables.

Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de biologistes marins, publiée dans eLife Science Journal, a identifié sept paramètres qui pourraient être utiles comme biomarqueurs pour évaluer la rapidité et la mesure dans laquelle les poissons des récifs coralliens peuvent faire face à l’augmentation des températures.

Les chercheurs ont collecté deux poissons communs des récifs coralliens du nord de la Grande Barrière de Corail en Australie : le poisson cardinal à cinq lignes et le fusilier à queue jaune à ventre rouge.

Ils les ont ensuite exposés à des températures 3,0 degrés Celsius supérieures aux températures estivales moyennes de la région, simulant les conditions d’une vague de chaleur sous-marine.

Ils ont constaté que le fusilier répondait rapidement au stress thermique, avec des changements presque immédiats détectés dans la structure de la forme des branchies et dans les paramètres sanguins.

Cependant, le poisson cardinal a montré une réponse tardive et était beaucoup moins capable de s’adapter aux températures élevées.

L’étude suggère que le fusilier pourrait avoir une plus grande capacité à s’acclimater aux eaux chaudes, tandis que le poisson cardinal pourrait être plus vulnérable aux effets du changement climatique.

Les chercheurs ont également souligné que ces vagues de chaleur sous-marines peuvent provoquer des augmentations allant jusqu’à 5 degrés Celsius au-dessus des températures moyennes saisonnières en quelques jours seulement et peuvent durer plusieurs semaines, ce qui pourrait avoir des effets à long terme sur la survie et la reproduction des animaux marins.

Les conséquences des changements de répartition et de l’évolution des écosystèmes

L’impact du changement climatique sur la vie marine ne se mesure pas seulement par la perte de biomasse mais aussi par les changements dans la répartition et la composition des espèces.

Il existe de fortes preuves d’un réchauffement entraînant un déplacement vers les pôles de l’aire de répartition de nombreux animaux marins, alors qu’ils recherchent des habitats plus frais qui correspondent à leurs préférences thermiques.

Cela peut entraîner l’expansion de certaines espèces dans de nouvelles zones, mais aussi la contraction ou la disparition d’autres de leurs régions historiques.

Ces changements peuvent avoir de profondes conséquences sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes marins, ainsi que sur les sociétés humaines qui en dépendent.

Par exemple, certains stocks de poissons peuvent s’éloigner de leurs zones de pêche traditionnelles, affectant ainsi les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des communautés côtières.

Certaines espèces envahissantes peuvent coloniser de nouveaux habitats, supplantant ou s’attaquant aux espèces indigènes et modifiant l’équilibre de l’écosystème.

Pendant ce temps, certains récifs coralliens pourraient perdre leur diversité et leur résilience, car les coraux d’eau chaude qui les construisent sont remplacés par d’autres organismes ou meurent à cause des événements de blanchissement.

Les chercheurs ont averti que le rythme actuel du changement climatique est trop rapide pour que de nombreuses espèces marines puissent s’adapter ou migrer et que des actions urgentes sont nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et protéger la biodiversité des océans.

Ils ont également appelé à davantage d’études pour comprendre les réponses physiologiques et écologiques des animaux marins au réchauffement des eaux et pour identifier les espèces les plus vulnérables et les plus résilientes.

Ce faisant, ils espéraient fournir de meilleures prévisions et orientations pour la conservation et la gestion des ressources océaniques.

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