Selon les scientifiques, l’élimination du dioxyde de carbone pourrait ne pas inverser les effets de la sécheresse dans les régions subtropicales

La capture du carbone est une technologie proposée qui vise à réduire la quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, qui est l’un des principaux moteurs du réchauffement climatique et du changement climatique.

Il s’agit de capter le CO2 provenant de centrales électriques, de sources industrielles ou directement de l’air, et de le stocker sous terre ou de l’utiliser à d’autres fins.

De plus, il est considéré comme un moyen potentiel d’atténuer les impacts négatifs du changement climatique, tels que la hausse des températures, la fonte des calottes glaciaires, l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes.

Cependant, une nouvelle étude de l’Université de Virginie et d’autres institutions a suggéré que la capture du carbone pourrait ne pas être en mesure d’inverser certains des effets du changement climatique, en particulier pour les régions sujettes à la sécheresse et à la chaleur.

L’étude, publiée dans la revue Science Advances, a utilisé un modèle informatique pour simuler la façon dont les modèles de circulation atmosphérique et de précipitations réagiraient à la capture du carbone dans différents scénarios.

Comment la capture du carbone affecte-t-elle la circulation atmosphérique ?

La circulation atmosphérique est le mouvement à grande échelle de l’air dans l’atmosphère, entraîné par les différences de température, de pression et d’humidité, selon Phys.org.

L’une des principales caractéristiques de la circulation atmosphérique est la cellule de Hadley, qui est une boucle d’air qui s’élève près de l’équateur et s’enfonce dans les régions subtropicales.

La cellule de Hadley crée une bande de basse pression et de fortes précipitations près de l’équateur, et une bande de haute pression et de faibles précipitations dans les régions subtropicales.

Il influence également les alizés, qui soufflent d’est en ouest près de l’équateur.

L’étude a révélé que l’augmentation des niveaux de CO2 dans l’atmosphère provoque l’expansion et le déplacement de la cellule de Hadley vers les pôles, ce qui signifie qu’elle couvre une plus grande surface et se rapproche des pôles.

Cette expansion et ce déplacement réduisent les précipitations et augmentent la sécheresse dans certaines régions subtropicales, telles que le sud-ouest des États-Unis, le nord du Mexique et la région de la mer Méditerranée.

Ces régions connaissent déjà de graves sécheresses et vagues de chaleur, qui devraient s’aggraver avec le changement climatique.

L’étude a ensuite examiné ce qui se passerait si les niveaux de CO2 étaient réduits par la capture du carbone.

Les chercheurs ont utilisé un modèle informatique pour quadrupler la quantité de CO2 dans l’atmosphère, puis l’éliminer progressivement au fil du temps.

Ils ont constaté que l’élimination du CO2 ne rétablissait pas la cellule Hadley à sa taille et sa position d’origine. Au lieu de cela, la cellule Hadley est restée élargie et déplacée, entraînant une sécheresse et une chaleur persistantes dans certaines régions subtropicales.

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Pourquoi la capture du carbone ne parvient-elle pas à restaurer les précipitations dans certaines régions ?

Les chercheurs ont expliqué que la capture du carbone ne parvient pas à restaurer les précipitations dans certaines régions en raison de deux facteurs : l’hystérésis et l’asymétrie.

L’hystérésis est un phénomène où la réponse d’un système dépend non seulement de son état actuel mais aussi de son état passé, selon UVAToday.

Dans ce cas, la réponse de la cellule Hadley à l’élimination du CO2 dépend de la quantité de CO2 ajoutée auparavant. Plus on a ajouté de CO2, plus il est difficile d’inverser ses effets.

L’asymétrie est un phénomène où la réponse d’un système n’est pas égale ou opposée à sa cause.

Dans ce cas, la réponse de la cellule Hadley à l’élimination du CO2 n’est pas symétrique à sa réponse à l’ajout de CO2.

En effet, le CO2 affecte d’autres facteurs qui influencent la cellule de Hadley, tels que la température de surface de la mer, la température de surface terrestre et la couverture de neige.

Ces facteurs ont des réponses et des rétroactions différentes aux changements de CO2, créant un déséquilibre entre les hémisphères.

La combinaison de l’hystérésis et de l’asymétrie signifie que la capture du carbone ne peut pas annuler certains des changements causés par l’ajout de CO2, en particulier pour les régions sensibles aux changements dans les régimes de précipitations.

L’étude a averti que ces régions pourraient être confrontées à des impacts irréversibles du changement climatique, même si des mesures de capture du carbone sont mises en œuvre.

Quelles sont les implications de cette étude ?

Cette étude a des implications importantes pour la politique climatique et les stratégies d’adaptation.

Il a suggéré que la capture du carbone pourrait ne pas être suffisante ou efficace pour prévenir ou inverser certaines des conséquences du changement climatique, telles que les sécheresses et les vagues de chaleur.

D’autres mesures sont donc nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter au maximum le réchauffement climatique.

L’étude a également souligné la nécessité de poursuivre les recherches sur la manière dont la capture du carbone affecte différents aspects du système climatique, tels que les nuages, les aérosols, la végétation et l’humidité du sol.

Ces facteurs peuvent avoir des interactions et des rétroactions complexes avec la capture du carbone qui ne sont pas entièrement comprises ou capturées par les modèles actuels.

Enfin, l’étude appelle à plus d’attention et de soutien pour les régions qui sont vulnérables aux impacts du changement climatique, en particulier celles qui peuvent faire face à des changements irréversibles en raison des limitations de la capture du carbone.

Ces régions pourraient avoir besoin de plus de ressources et d’assistance pour faire face à la pénurie d’eau, à l’insécurité alimentaire, aux risques sanitaires et aux conflits sociaux causés par le changement climatique.

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