La construction du pipeline Nord Stream 2 génère des ondes sismiques et infrasonores dans la mer Baltique

Une étude récente publiée dans The Seismic Record a dévoilé de nouvelles complexités dans les signaux sismiques et infrasoniques associés aux événements du pipeline Nord Stream de septembre 2022.

Initialement, ces événements étaient liés à des causes naturelles, mais la nature complexe des signaux suggère désormais une possibilité de sabotage.

Le monde a été alerté de la rupture de pipelines dans l’ouest de la mer Baltique, un incident qui fait toujours l’objet d’une enquête active de la part de plusieurs pays.

Signaux sismiques complexes

Les chercheurs ont découvert que ces signaux sismiques duraient plus longtemps que ce à quoi on pourrait s’attendre d’une seule source explosive.

Cette révélation a intensifié les soupçons d’interférence délibérée, car elle correspond davantage aux schémas observés dans les scénarios d’évents volcaniques sous-marins ou de pipelines.

L’étude a analysé deux des plus grands événements Nord Stream, survenus les 9 et 28 septembre 2022. Le premier événement a coïncidé avec une chute soudaine de pression au sein du gazoduc Nord Stream 1, tandis que le deuxième événement a touché à la fois les gazoducs Nord Stream 1 et 2. .

L’acte présumé de sabotage aurait utilisé des charges explosives pour endommager les pipelines, situés à environ 80 mètres de profondeur sous la surface de la mer.

Les chercheurs ont utilisé les données de stations sismiques et infrasoniques en Suède, au Danemark, en Allemagne et en Pologne pour caractériser les signaux générés par ces événements.

Ils ont constaté que les signaux avaient une forme d’onde complexe, avec de multiples pics et creux, et une durée d’environ 10 secondes. Ils ont également noté que les signaux avaient un contenu à basse fréquence, allant de 0,5 à 5 Hz, typique des explosions sous-marines.

Cependant, les chercheurs ont également observé certaines caractéristiques qui n’étaient pas cohérentes avec un simple modèle d’explosion. Par exemple, ils ont constaté que les signaux avaient une forte dépendance azimutale, ce qui signifie qu’ils variaient en fonction de la direction de l’observateur.

Ils ont également détecté certaines composantes haute fréquence, jusqu’à 20 Hz, qui sont généralement associées à des sources sismiques plutôt qu’à des explosions.

Ces résultats suggèrent que les événements du Nord Stream impliquaient plus d’une source, ou une source qui a changé au fil du temps. Les chercheurs ont proposé plusieurs scénarios possibles pour expliquer ces complexités, tels que des explosions multiples, un dégagement de gaz, une oscillation de bulles ou une rupture de pipeline.

Ils ont également reconnu que certains signaux auraient pu être affectés par des effets de propagation, tels que des réflexions, des réfractions ou des conversions d’ondes sismiques.

Implications internationales

Les gazoducs Nord Stream sont d’importants conduits de gaz naturel entre la Russie et l’Europe. Toute perturbation ou tout dommage causé à ces pipelines affecte non seulement l’approvisionnement en énergie, mais présente également des risques environnementaux en raison de fuites et de déversements potentiels.

La nature mystérieuse de ces événements sismiques a suscité une réponse internationale, cherchant à déterminer s’il s’agissait d’actes de sabotage ou d’événements naturels inhabituels.

Alors que les enquêtes se poursuivent, les pays connectés et dépendants des gazoducs Nord Stream sont en état d’alerte. La sécurité autour de ces infrastructures critiques a été renforcée et les canaux diplomatiques sont en effervescence alors que les pays cherchent à obtenir plus de clarté et d’assurance sur la sécurité et l’intégrité de leurs lignes d’approvisionnement énergétique.

Le mystère du sabotage du Nord Stream a également suscité des tensions et des spéculations politiques, certains partis accusant ou soupçonnant d’autres d’être à l’origine des attaques.

Les motivations et l’identité des auteurs, le cas échéant, restent inconnues, mais certains analystes ont suggéré qu’ils pourraient viser à perturber l’équilibre énergétique en Europe ou à saper la crédibilité et la viabilité du projet Nord Stream.

Le projet Nord Stream, qui consiste en deux gazoducs parallèles d’une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an, est controversé depuis ses débuts.

Ce projet s’est heurté à l’opposition de certains pays européens, tels que l’Ukraine, la Pologne et les États baltes, qui craignent qu’il accroisse l’influence et l’influence de la Russie sur la sécurité énergétique de l’Europe. Ce projet a également été critiqué par des groupes environnementaux, qui affirment qu’il contribuerait au changement climatique et mettrait en danger l’écosystème marin.

Le projet Nord Stream a cependant également reçu le soutien d’autres pays européens, comme l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, qui le considèrent comme une source de gaz naturel fiable et rentable. Elle a également été défendue par la Russie, qui affirme qu’il s’agit d’une entreprise purement commerciale et apolitique, et qu’elle renforcerait la diversité énergétique et la stabilité en Europe.

Le mystère du sabotage du Nord Stream a donc ajouté une autre couche de complexité et d’incertitude à la question déjà controversée et sensible de la coopération et de la sécurité énergétiques en Europe.

Cela a également soulevé des questions et des inquiétudes quant à la vulnérabilité et à la résilience des infrastructures critiques, ainsi qu’à la nécessité de mesures de protection et de prévention renforcées. En bref, le mystère du sabotage du Nord Stream est devenu une question d’intérêt et d’importance mondiale.

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L'équipe Pacte Climat

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