Lorsqu’un objet mystérieux est arrivé dans notre système solaire depuis l’espace interstellaire en juillet 2025, il a déclenché l’un des examens scientifiques les plus intenses de tous les visiteurs cosmiques de l’histoire. Aujourd’hui, une équipe d’astronomes a publié les résultats d’une recherche approfondie de signaux radio artificiels provenant de cet objet – connu sous le nom de 3I/ATLAS – et le résultat est clair : aucune preuve crédible de technologie extraterrestre n’a été détectée.
L’étude, publiée dans The Astronomical Journal début juin 2026, a été dirigée par le SETI Institute et menée à l’aide de l’Allen Telescope Array, un interféromètre radio à 42 paraboles situé à l’observatoire radio de Hat Creek, en Californie du Nord. Les chercheurs ont écouté 3I/ATLAS pendant plus de sept heures, recherchant des transmissions radio à bande étroite – le genre de signal focalisé d’apparence artificielle qu’il serait difficile à la nature de produire seule.
Ils n’ont rien trouvé. Et selon les chercheurs, c’est en fait un résultat significatif.
Ce qui a rendu 3I/ATLAS si fascinant – et controversé
3I/ATLAS n’est que le troisième objet confirmé provenant d’un autre système stellaire jamais observé traversant le système solaire. Le premier, 1I/’Oumuamua, est arrivé en 2017 et a suscité des années de débat sur sa forme et son mouvement inhabituels. La seconde, 2I/Borisov, est arrivée en 2019 et s’est comportée bien plus comme une comète familière.
3I/ATLAS a été détecté le 1er juillet 2025 par l’installation ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) au Chili et se déplaçait si rapidement que son origine en dehors du système solaire a été rapidement confirmée. Lors de ses premières observations, elle est apparue rouge et a développé une coma – un nuage de gaz et de poussière – à mesure qu’elle s’approchait du Soleil, ce qui correspond à une activité cométaire. Au moment où il a atteint son point le plus proche de la Terre le 19 décembre 2025, à environ 267 millions de kilomètres de distance, les télescopes du monde entier avaient accumulé des mois de données pointant fortement vers une origine naturelle.
Mais l’astronome de Harvard Avi Loeb et certains de ses collègues ont proposé que l’objet pourrait être un ancien artefact extraterrestre ou une sonde d’origine extraterrestre, soulignant certaines propriétés qu’ils considéraient comme inhabituelles. Le courant scientifique dominant a constamment repoussé ce point de vue, mais les spéculations ont donné aux chercheurs une motivation supplémentaire pour écouter attentivement.
Comment la recherche a été menée
L’équipe du SETI Institute a utilisé le Allen Telescope Array pour observer 3I/ATLAS au cours de plusieurs sessions. La recherche ciblait les signaux radio à bande étroite – des transmissions concentrées dans une bande de fréquences très étroite. De tels signaux sont considérés comme une « technosignature » classique, car les processus naturels ont tendance à émettre de l’énergie radio sur de larges plages de fréquences, et non sur des plages focalisées. Un signal à bande étroite provenant de l’espace lointain constituerait une preuve circonstancielle solide d’origine technologique.
La transmission initiale des données a signalé environ 470 000 signaux potentiellement artificiels. Mais les chercheurs ont ensuite appliqué un filtre SETI standard : tout signal apparaissant également lorsque le télescope était éloigné de 3I/ATLAS est presque certainement une interférence locale provenant de la technologie humaine sur Terre, et non une transmission de l’objet. Après cette étape de filtrage, l’équipe s’est retrouvée avec neuf signaux candidats. Une analyse plus approfondie a éliminé les neuf comme étant d’origine terrestre.
La conclusion : aucune technosignature radio crédible à bande étroite de 3I/ATLAS n’a été détectée.
Pourquoi le résultat nul est toujours important
En science, un résultat négatif reste un résultat. Le fait qu’aucun signal artificiel n’ait été trouvé n’est pas simplement une impasse : cela fournit une limite supérieure significative sur ce qu’aurait pu faire n’importe quel émetteur potentiel à bord de 3I/ATLAS. Si un appareil transmettait des signaux radio d’un certain niveau de puissance, le réseau de télescopes Allen l’aurait détecté.
a déclaré le Dr Valeria Garcia Lopez, astronome à l’Université Furman et à l’initiative Breakthrough Listen.
En d’autres termes, la recherche a confirmé que la technologie actuelle de radioastronomie est véritablement capable de capter un signal artificiel s’il était transmis. C’est rassurant : cela signifie que les futures recherches d’objets interstellaires ne seront pas seulement des exercices scientifiques d’espoir, mais de véritables tests dotés de capacités de détection significatives.
Ce que dit la science sur 3I/ATLAS
Les preuves scientifiques plus larges soutiennent fortement une origine naturelle de 3I/ATLAS. Les observations de plusieurs télescopes dans le monde entier ont révélé des signes classiques d’activité cométaire : une coma brillante, une queue qui s’est développée à mesure que l’objet s’est approché du Soleil et la signature spectrale de la vapeur d’eau et des radicaux hydroxyles produits lorsque la lumière du soleil brise la glace d’eau. Ce ne sont pas les signatures d’un vaisseau spatial.
3I/ATLAS a déjà dépassé son point le plus proche du Soleil et sort désormais du système solaire. Il finira par partir et ne reviendra jamais, voyageant sur son chemin hyperbolique vers l’espace interstellaire.
Un rappel de l’étendue et de l’ancienneté de l’univers
Même si 3I/ATLAS est tout à fait naturel, son arrivée est un rappel remarquable de la façon dont les objets peuvent voyager entre les systèmes stellaires pendant des millions d’années, transportant en eux des informations chimiques sur des systèmes solaires lointains qui se sont formés bien avant la naissance de notre propre Soleil. Des observations récentes du télescope spatial James Webb suggèrent que 3I/ATLAS pourrait être presque aussi vieux que l’univers lui-même.
Cette histoire est assez extraordinaire, même sans extraterrestres. L’univers est extraordinairement ancien et vaste, et le fait que nous puissions détecter un objet provenant d’un autre système stellaire, suivre sa trajectoire, analyser sa chimie et écouter les transmissions – le tout en temps réel – en dit long sur le chemin parcouru par la science.
