Les feux de forêt au Canada en 2023 produisent plus de dioxyde de carbone que la combustion de combustibles fossiles en Inde

Les experts ont révélé que les incendies de forêt au Canada l'année dernière ont pompé plus de dioxyde de carbone que la combustion de combustibles fossiles en Inde.

Des chercheurs du World Resources Institute et de l’Université du Maryland ont calculé les effets destructeurs de l’incendie au Canada en 2023, qui a duré des mois et a atteint l’air d’autres pays du monde.

Des effets record sur les humains et la nature

Dans l’étude publiée dans Global Change Biology, les experts ont déclaré que les incendies de forêt canadiens de 2023 ont battu des records, car ils ont eu des répercussions de grande envergure sur les personnes, la nature et même le climat.

Les chercheurs ont déclaré que la chaleur extrême et les faibles précipitations, souvent associées au changement climatique, ont provoqué des incendies de forêt sans précédent qui ont libéré d'énormes quantités de carbone.

La dernière étude a utilisé certaines données concernant la perte de couverture forestière due au feu ainsi que sur les flux de carbone forestier. Les chiffres ont été utilisés pour estimer l'étendue totale des incendies de forêt ayant remplacé les peuplements ainsi que les émissions de carbone associées.

Les experts ont découvert que les incendies de forêt canadiens de l'année dernière ont brûlé près de 7,8 millions d'hectares de forêt. Ce chiffre représente plus d’un quart de toutes les pertes d’arbres dans le monde.

L’étude a également montré que les forêts touchées par ces immenses incendies ont émis près de 3 milliards de tonnes de CO2, soit environ 25 % de plus que la perte totale de couverture forestière tropicale primaire au cours de cette année-là.

Les scientifiques ont ajouté que les trois milliards de tonnes de CO2 représentaient environ six fois la moyenne annuelle de la perte de toute la couverture forestière tropicale primaire en 2023.

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Perte inquiétante de forêts

L’étude souligne en outre que la perte d’une telle quantité de forêt est un problème énorme, ce qui la qualifie d’inquiétante.

Selon les experts, les forêts finiront par repousser et, ce faisant, à séquestrer le carbone. Cependant, le processus sera fastidieux et pourrait prendre au minimum des décennies.

Les chercheurs ont également souligné que ces résultats ont des implications importantes pour les budgets carbone mondiaux, car les émissions de ces incendies de forêt seront en grande partie exclues des rapports officiels sur les gaz à effet de serre aux Nations Unies.

L'étude explique que, conformément aux directives du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, les pays peuvent désigner une partie de leurs terres comme « non gérées ».

Ils peuvent affirmer cela en partant du principe qu’ils ne sont pas soumis à l’influence humaine directe, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être au centre des objectifs de l’Accord de Paris visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Les experts ont mentionné que même si les incendies de forêt au Canada sont monnaie courante, le changement climatique a conduit à des incendies plus importants et plus fréquents que ce qui s'est produit au cours des dernières décennies.

Dans certaines régions du Canada et d’autres latitudes septentrionales, les températures à la surface des terres se réchauffent à un rythme environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale, des températures plus élevées entraînant des incendies plus extrêmes et des saisons d’incendie plus longues à l’échelle mondiale.

Alors que le changement climatique devrait augmenter de 30 à 50 % la superficie mondiale brûlée, des informations précises et opportunes sur l’ampleur de la dynamique des incendies de forêt sont nécessaires pour évaluer les impacts sur les populations, la nature et le climat.

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L'équipe Pacte Climat

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