Les désinfectants au chlore ne sont pas plus efficaces pour détruire les superbactéries hospitalières, selon une étude

Une nouvelle étude a révélé que le désinfectant au chlore, couramment utilisé dans les hôpitaux pour prévenir les infections, n’est pas plus efficace que l’eau pour tuer une superbactérie dangereuse.

L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Leicester et publiée dans la revue Infection Control and Hospital Epidemiology, a testé l’efficacité du désinfectant au chlore contre Clostridioides difficile (C.diff), une bactérie qui provoque de graves diarrhées, colites et autres complications intestinales.

Désinfectant au chlore largement utilisé mais peu efficace

Le désinfectant au chlore est largement utilisé dans les hôpitaux, les installations de quarantaine COVID-19, les ménages, les instituts et les espaces publics pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus et d’autres agents pathogènes, car il est efficace contre les virus sur diverses surfaces.

Cependant, l’étude a révélé que le désinfectant au chlore n’était pas en mesure de réduire le nombre de bactéries viables. C.diff les spores, qui sont la forme dormante et résistante de la bactérie qui peut survivre pendant de longues périodes sur les surfaces et provoquer des infections.

Les chercheurs ont exposé C.diff spores à différentes concentrations de désinfectant chloré pendant différentes durées de contact, allant de 10 secondes à 60 minutes.

Ils ont ensuite mesuré le nombre de spores viables restant après le traitement.

Selon les résultats de l’étude, le désinfectant au chlore n’a pas réduit de manière significative le nombre de spores viables, même à des concentrations élevées et des temps de contact prolongés. En fait, l’eau seule était tout aussi efficace que le désinfectant au chlore pour tuer C.diff spores.

Implications pour la prévention et le contrôle des infections

L’étude a des implications importantes pour les pratiques de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de soins de santé, car C.diff est l’une des causes les plus courantes d’infections nosocomiales dans le monde.

Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), C.diff a infecté près d’un demi-million de personnes aux États-Unis en 2017 et a été associé à 29 000 décès.

C.diff Les infections sont également coûteuses, car elles prolongent les séjours à l’hôpital et augmentent le besoin d’antibiotiques et de mesures d’isolement.

L’étude suggère que le désinfectant au chlore pourrait ne pas suffire à empêcher la transmission de C.diff spores dans les environnements de soins de santé et que des désinfectants ou des méthodes alternatives peuvent être nécessaires.

Les chercheurs recommandent que d’autres études soient menées pour évaluer l’efficacité d’autres désinfectants, tels que le peroxyde d’hydrogène, l’acide peracétique ou la lumière UV, contre les spores.

Ils ont également suggéré que le nettoyage de l’environnement soit combiné à d’autres stratégies, telles que l’hygiène des mains, les précautions de contact et la gestion des antibiotiques, afin de réduire le risque d’infections.

Limites et orientations futures

L’étude présente certaines limites dont il convient de tenir compte lors de l’interprétation des résultats.

Premièrement, l’étude a été menée en laboratoire et peut ne pas refléter les conditions réelles de nettoyage de l’environnement dans les hôpitaux. Par exemple, l’étude n’a pas pris en compte la présence de matières organiques, telles que du sang ou des matières fécales, susceptibles d’interférer avec le processus de désinfection.

Deuxièmement, l’étude n’a testé qu’une seule souche de C.diffet différentes souches peuvent avoir différents niveaux de résistance au désinfectant chloré.

Troisièmement, l’étude a uniquement mesuré la viabilité de C.diff spores, et non leur capacité à germer et à provoquer des infections.

Les chercheurs reconnaissent ces limites et appellent à davantage de recherches pour valider leurs résultats en milieu clinique et avec différentes souches de C.diff.

Ils ont également proposé d’étudier les mécanismes de C.diff la résistance des spores au désinfectant au chlore et à explorer la possibilité de combiner le désinfectant au chlore avec d’autres agents, tels que des enzymes ou des tensioactifs, pour améliorer son activité sporicide.

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