Les algues comestibles apparaissent comme protectrices des abeilles contre les menaces virales

Dans la danse complexe de la nature, où chaque organisme joue un rôle crucial, une nouvelle initiative scientifique a émergé, mettant en lumière les héros improbables de notre écosystème : les algues bleu-vert.

Ces entités microscopiques, souvent inaperçues, ont occupé le devant de la scène dans une approche révolutionnaire visant à sauvegarder l'un des pollinisateurs les plus indispensables de la planète, les abeilles.

Le sort des pollinisateurs

Les abeilles, les industrieuses architectes du monde naturel, sont assiégées. Une myriade de défis, de la perte d’habitat à l’exposition aux pesticides, menacent leur survie.

Cependant, c’est la propagation insidieuse d’agents pathogènes viraux, tels que le virus de l’aile déformée (DWV), qui a précipité un déclin alarmant des populations d’abeilles.

Ce virus, souvent transmis par l'acarien Varroa, inflige des dégâts à la fois visibles et viscéraux, laissant les abeilles avec des ailes mal formées et une capacité à prospérer diminuée.

Les répercussions de ce déclin se répercutent bien au-delà des ruches ; ils frappent au cœur même de notre agriculture et de notre biodiversité. Les abeilles sont les sentinelles silencieuses de notre approvisionnement alimentaire, et leur sort a sonné un signal d’alarme auprès des scientifiques et des défenseurs de l’environnement du monde entier.

Les algues : un ancien allié des temps modernes

Entrez dans la cyanobactérie, Synechococcus elongatus, un organisme ancien qui habite la Terre depuis des milliards d'années.

Dans les laboratoires du Service de recherche agricole du ministère de l'Agriculture des États-Unis, des chercheurs se sont lancés dans une mission visant à exploiter le pouvoir de ces algues bleu-vert.

En modifiant génétiquement S. elongatus pour produire de l’ARN double brin (ARNdb), ils ont mis au point une arme puissante contre les adversaires viraux des abeilles.

L'ARNdb produit par les algues artificielles agit comme un catalyseur pour le système immunitaire des abeilles, déclenchant un processus appelé interférence ARN (ARNi).

Ce mécanisme de défense naturel dégrade sélectivement l’ARN viral, stoppant ainsi la réplication du DWV chez les abeilles. Le résultat est un traitement antiviral non invasif et respectueux de l’environnement qui pourrait être parfaitement intégré au régime alimentaire des abeilles.

Combler le fossé : du laboratoire à la ruche

Le parcours de ces algues antivirales, de la boîte de Pétri au pollinisateur, témoigne de l’ingéniosité de la science moderne.

Cultivées dans des environnements contrôlés, les algues génétiquement modifiées deviennent des usines miniatures, produisant des ARNdb avec l’efficacité d’une chaîne de montage. Cette biomasse est ensuite introduite dans l’alimentation des abeilles, où elle sert à la fois de nourriture et de bouclier.

Les implications de cette innovation sont profondes. En exploitant les propriétés intrinsèques des algues, les scientifiques ont créé une solution évolutive à une crise mondiale.

C'est une solution qui répond non seulement aux besoins immédiats en matière de santé des abeilles, mais qui incarne également les principes de l'agriculture durable.

À mesure que la recherche progresse, la vision d’un monde où les abeilles bourdonnent de santé et de vigueur n’est pas seulement un rêve mais une réalité tangible à notre portée.

La fusion d'anciens micro-organismes et du génie génétique de pointe a ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire de la conservation des abeilles, un chapitre dans lequel les gardiens microscopiques de la nature défendent leurs frères plus grands.

Des virus qui affectent les abeilles ?

Les abeilles mellifères sont menacées par divers virus qui peuvent entraîner le déclin et la perte des colonies.

Parmi ceux-ci, le virus de la paralysie aiguë de l'abeille (ABPV) provoque la paralysie et la mort, le virus des cellules noires de la reine (BQCV) entraîne la mortalité des larves de la reine, le virus de l'abeille du Cachemire (KBV) est connu pour l'effondrement rapide des colonies, le virus du couvain sacré (SBV) empêche les larves de se nymphoser. , le virus de la paralysie chronique des abeilles (CBPV) entraîne des tremblements et une incapacité à voler, le virus de la paralysie lente des abeilles (SBPV) paralyse progressivement les abeilles et le virus de la paralysie aiguë israélienne (IAPV) est lié au trouble d'effondrement des colonies.

Ces virus, aux côtés du Deformed Wing Virus (DWV), présentent des risques sanitaires importants pour les populations d'abeilles, affectant leur rôle crucial dans la pollinisation.

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