La côte de Washington verra les chasses à la baleine de la tribu Makah après des décennies

Dans une décision qui a suscité à la fois une célébration culturelle et un débat environnemental, la tribu Makah de l'État de Washington a obtenu le droit de reprendre ses chasses ancestrales à la baleine grise, une tradition en sommeil depuis plus de deux décennies.

Ce rapport détaillé approfondit les détails complexes du processus de dérogation, l'importance culturelle de la chasse à la baleine pour le peuple Makah et les considérations écologiques qui ont été prises en compte.

Un retour à la tradition : les droits de chasse à la baleine des Makah rétablis

Après un long processus juridique et réglementaire, la tribu Makah a réussi à naviguer dans les eaux complexes de la loi fédérale pour récupérer une pratique qui est au cœur de son identité culturelle.

Le gouvernement des États-Unis, par l'intermédiaire de la NOAA Fisheries, a autorisé la tribu à chasser jusqu'à 25 baleines grises du Pacifique Nord-Est sur une période de 10 ans, avec une limite de deux à trois par an.

Cette décision honore le traité de Neah Bay de 1855, qui réserve explicitement le droit de la tribu à la chasse à la baleine sur les terrains habituels et habitués.

Les Makah ont volontairement cessé leurs activités baleinières en 1928 en raison du déclin des populations de baleines causé par la chasse commerciale.

Cependant, avec le rétablissement de l'espèce dans le Pacifique oriental, la tribu a cherché à reprendre cette pratique traditionnelle.

Le processus de dérogation impliquait une série d'audiences publiques, d'évaluations d'impact environnemental et un examen minutieux de la santé de la population de baleines grises, qui compte actuellement entre 17 400 et 21 300 baleines.

Importance culturelle et controverse moderne : équilibrer patrimoine et conservation

La chasse à la baleine est plus qu'un simple moyen de subsistance pour les Makah ; c'est une activité profondément spirituelle qui englobe des rituels, des cérémonies et une connexion avec leur environnement.

La chasse à la baleine est le sujet et l'inspiration des chants tribaux, des danses, des dessins et de la vannerie, et elle fournit un objectif et une discipline qui profitent à l'ensemble de la communauté.

La tradition baleinière des Makah témoigne de leur résilience et de leur dévouement à la préservation de leur patrimoine.

Malgré son importance culturelle, la décision d'autoriser les Makah à chasser la baleine grise s'est heurtée à l'opposition de divers groupes de conservation et militants des droits des animaux.

Des inquiétudes ont été soulevées quant à l'impact potentiel sur la population de baleines et au précédent que cela crée en matière de protection des mammifères marins.

Pour répondre à ces préoccupations, les chasses seront programmées de manière à éviter de nuire aux baleines grises du Pacifique Nord-Ouest, en voie de disparition, ainsi qu'au groupe d'alimentation de la côte du Pacifique composé de baleines grises du Pacifique Nord-Est.

La tribu Makah a souligné que la chasse se déroulera de manière durable et respectueuse, dans le strict respect des quotas et des réglementations établis.

La tribu utilisera des méthodes traditionnelles, notamment des canoës et des harpons sculptés à la main, complétées par des armes à feu pour assurer une mise à mort rapide et sans cruauté.

Les chasses seront également soumises à des exigences de surveillance et de reporting pour garantir le respect des normes environnementales.

Alors que la tribu Makah se prépare pour les chasses, elle se situe à l’intersection du renouveau culturel et des efforts de conservation modernes.

La décision d'accorder la dérogation constitue une reconnaissance significative des droits et des traditions de la tribu, mais elle met également en lumière les défis actuels liés à l'équilibre entre les pratiques culturelles et la gestion de l'environnement.

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L'équipe Pacte Climat

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