La comète 3I/ATLAS transporte une molécule clé pour la vie provenant d’une autre étoile

Un visiteur extraordinaire venu d’au-delà de notre système solaire, la comète interstellaire 3I/ATLAS, déconcerte les scientifiques car elle libère des composés chimiques riches en carbone à une vitesse rarement observée dans notre propre cour cosmique. Ce qui rend cette relique glacée vraiment remarquable, c’est la quantité considérable de méthanol qu’elle crache, un ingrédient clé de la chimie prébiotique et un composé jamais détecté auparavant dans un autre objet interstellaire.

Ce n’est que la troisième fois que nous observons un objet d’un autre système stellaire passant par notre voisinage solaire, après la mystérieuse 1I/’Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019, et 3I/ATLAS s’avère ne ressembler à aucune comète native que nous connaissons.

La comète a été repérée pour la première fois en juillet 2025 par le télescope d’enquête ATLAS, financé par la NASA, au Chili. Alors qu’il se dirigeait vers le Soleil, un énorme nuage de vapeur d’eau et de gaz s’est rapidement formé autour de lui.

Surtout, cette enveloppe contenait des quantités de dioxyde de carbone nettement supérieures à celles que l’on trouve généralement dans les comètes du système solaire. Les scientifiques ont également noté que sa lumière était étonnamment plus rouge que d’habitude, suggérant une chimie de surface inhabituelle, et qu’elle a commencé à libérer des gaz alors qu’elle était encore relativement loin du Soleil, une indication qu’elle n’était peut-être pas passée près d’une autre étoile depuis des centaines de millions d’années, ou depuis qu’elle a quitté son système stellaire d’origine.

Percer les mystères de 3I/ATLAS : une signature chimique extraterrestre

Pour enquêter sur cet intrus spectaculaire de l’espace lointain, Martin Cordiner de la NASA et son équipe du Goddard Space Flight Center dans le Maryland ont tourné le puissant réseau Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) au Chili vers la comète voyou pour découvrir ses secrets. Ils ont été étonnés de découvrir que 3I/ATLAS produisait des quantités substantielles de cyanure d’hydrogène gazeux et un volume encore plus important de méthanol gazeux.

« Des molécules telles que le cyanure d’hydrogène et le méthanol sont présentes en quantités infimes et ne constituent pas les constituants dominants de nos propres comètes », a expliqué Cordiner. « Ici, nous voyons qu’en fait, dans cette comète extraterrestre, ils sont très abondants. »

L’équipe a suivi le cyanure d’hydrogène jusqu’au noyau rocheux de la comète, où il était produit à un rythme d’environ un quart à un demi-kilogramme par seconde.

Du méthanol a également été détecté dans le noyau, mais il était également créé en quantités importantes dans le coma de la comète, la longue queue brumeuse de poussière et de gaz qui s’étend sur plusieurs kilomètres du noyau lui-même.

La production de méthanol éclipse celle du cyanure d’hydrogène, atteignant environ 40 kilogrammes par seconde. Cela représente environ 8 % de la vapeur totale provenant de la comète, ce qui est un chiffre énorme comparé aux 2 % typiques observés dans les comètes standards du système solaire.

Les différences de localisation de ces deux molécules suggèrent également que le noyau de la comète n’est pas uniforme, ce qui pourrait éventuellement nous renseigner sur la manière dont elle s’est formée, explique Cordiner.

3I/ATLAS a « tiré 7 jets » inclinés « exactement comme les pyramides de Gizeh »

Le plan chimique : pourquoi 3I/ATLAS est important pour la vie

La découverte de niveaux de méthanol aussi élevés n’est pas seulement une curiosité scientifique ; cela a de profondes implications pour la recherche des origines de la vie à travers la Galaxie. Bien que le méthanol soit un composé carboné relativement simple, il est considéré comme un tremplin clé pour générer des molécules plus complexes qui sont absolument essentielles au début de la vie.

Cordiner est convaincu de son importance et note : « Il semble chimiquement invraisemblable que l’on puisse s’engager sur la voie d’une complexité chimique très élevée sans produire de méthanol ». Cela suggère que partout où une chimie complexe se produit dans le cosmos, le méthanol est probablement un produit intermédiaire majeur.

Les résultats donnent également du poids à une théorie proposée par Josep Trigo-Rodríguez de l’Institut des sciences spatiales d’Espagne. Lui et ses collègues avaient prédit qu’une comète riche en métaux comme le fer devrait également produire des quantités relativement importantes de méthanol.

En effet, la chaleur du Soleil libérerait de l’eau liquide dans le noyau, lui permettant ainsi de réagir chimiquement avec des composés de fer dans un processus générant du méthanol. Par conséquent, la preuve d’un flux abondant de méthanol provenant de la coma 3I/ATLAS pourrait être un indicateur fort que cette comète est relativement riche en métaux, dit-il.

Essentiellement, ce mystérieux vagabond des profondeurs de l’espace ne fait pas que passer ; il fournit aux astronomes un modèle chimique unique, offrant une opportunité unique d’étudier les conditions chimiques prébiotiques d’un système stellaire complètement extraterrestre.

En fin de compte, 3I/ATLAS est plus qu’un simple rocher passager ; c’est une capsule temporelle cosmique. Son étrange signature chimique confirme que les éléments constitutifs essentiels de la vie ne sont pas uniques à notre coin tranquille de la Galaxie, mais sont forgés dans des systèmes stellaires à des années-lumière.

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