La fumée des incendies de forêt au Canada s’est propagée dans une grande partie de l’Amérique du Nord, rendant le ciel brumeux et poussant la qualité de l’air à des niveaux malsains du Midwest au nord-est, y compris à New York. Le dernier épisode soulève une question troublante sur l’avenir de la fumée des incendies de forêt dans un monde en réchauffement.
Une épaisse fumée a récemment touché de grandes villes, notamment Toronto, Détroit, Chicago et New York, et des alertes sur la qualité de l’air ont incité les autorités à exhorter les résidents à limiter leur exposition à l’extérieur. La fumée a également perturbé les événements et les sports en plein air, les communautés étant confrontées à une visibilité réduite et à un air dangereux.
La crise rappelle que les incendies de forêt ne constituent plus seulement une menace pour les communautés proches des flammes. Dans de bonnes conditions météorologiques, la fumée peut parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres, transformant un incendie de forêt éloigné en une urgence de santé publique loin de la zone de brûlage.
Pourquoi la fumée des incendies de forêt se propage-t-elle si loin ?
La fumée des incendies de forêt peut être transportée sur de longues distances par les vents atmosphériques. Les conditions météorologiques, y compris les systèmes à haute pression, peuvent également piéger la pollution près du sol, permettant à la fumée de s’attarder au-dessus des zones peuplées et de détériorer la qualité de l’air.
Le gouvernement canadien a signalé des centaines de feux de forêt actifs à travers le pays en juillet, avec une activité particulièrement intense dans certaines parties de l’Ontario et d’autres régions. Les autorités ont également averti que des températures supérieures à la moyenne et des conditions sèches pourraient contribuer à un risque d’incendie accru pendant l’été.
Une fois que la fumée pénètre dans l’atmosphère, sa trajectoire dépend fortement de la direction du vent et des conditions météorologiques. Cela signifie qu’un incendie brûlant à des centaines de kilomètres peut affecter l’air que les gens respirent dans les grandes villes.
Le changement climatique aggrave-t-il les incendies de forêt ?
Les scientifiques associent de plus en plus le changement climatique à des conditions susceptibles d’augmenter le risque d’incendies de forêt.
Des températures plus élevées peuvent assécher la végétation et les sols, rendant les forêts et les prairies plus vulnérables aux incendies et à la propagation rapide des incendies. Des périodes plus longues de chaleur et de sécheresse peuvent également prolonger la saison des incendies.
Le gouvernement du Canada a averti que le changement climatique crée des conditions susceptibles de contribuer à des incendies de forêt plus fréquents et à des saisons d’incendie plus longues.
La foudre peut également déclencher des incendies à distance, tandis que des conditions de chaleur et de sécheresse prolongées peuvent rendre plus difficile leur maîtrise. Bien que les incendies de forêt aient de nombreuses causes possibles, le changement climatique peut influencer les conditions environnementales qui déterminent la facilité avec laquelle les incendies se déclarent et l’intensité de leur combustion.
Que fait la fumée des incendies de forêt sur le corps ?
La fumée des incendies de forêt contient un mélange complexe de gaz et de fines particules. L’un des plus grands problèmes de santé concerne les PM2,5, des particules microscopiques suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les poumons et potentiellement pénétrer dans la circulation sanguine.
L’exposition peut irriter les yeux et les voies respiratoires et aggraver l’asthme et d’autres affections respiratoires. Cela peut également augmenter les risques pour le système cardiovasculaire, les groupes vulnérables étant confrontés à de plus grands problèmes de santé. Les enfants, les personnes âgées, les personnes enceintes et les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou pulmonaires peuvent être particulièrement sensibles.
Il n’est pas nécessaire que la fumée soit visible pour que la qualité de l’air soit malsaine.
Les incendies de forêt deviennent-ils la nouvelle norme ?
À mesure que les saisons des incendies de forêt s’intensifient dans certaines régions, les communautés éloignées des zones d’incendie peuvent connaître de plus en plus de jours où l’air extérieur devient impropre à la respiration.
Cela pourrait signifier que les villes doivent repenser leur préparation aux incendies de forêt au-delà des plans d’évacuation. Les systèmes de santé publique pourraient également avoir besoin d’une surveillance plus rigoureuse de la qualité de l’air, d’abris à air pur et d’une meilleure communication sur les moments où les résidents doivent rester à l’intérieur ou réduire leurs activités intenses.
Les gens peuvent surveiller les conditions locales grâce à des ressources officielles telles que la carte des incendies et de la fumée d’AirNow aux États-Unis et l’indice de qualité de l’air et de santé au Canada.
La fumée qui dérive du Canada vers New York est plus qu’une brume temporaire. C’est un aperçu de la façon dont le réchauffement climatique peut transformer un incendie de forêt régional en une crise de la qualité de l’air à l’échelle du continent, dans laquelle le plus grand danger n’est peut-être pas toujours les flammes, mais les particules invisibles transportées par le vent sur des centaines de kilomètres.
