Améliorer la santé publique en Afrique grâce à l’action contre le changement climatique

Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) souligne comment les pays africains peuvent simultanément lutter contre le changement climatique et améliorer la santé publique en réduisant la pollution atmosphérique.

Dans de nombreux cas, ces actions présentent également d’autres avantages sociétaux, économiques, environnementaux ou sanitaires.

Pollution de l’air : un tueur silencieux

La pollution de l’air est l’un des principaux facteurs de risque environnemental pour la santé humaine, causant chaque année environ 7 millions de décès prématurés dans le monde.

En Afrique, la pollution de l’air est responsable de plus de 700 000 décès par an, principalement dus à la pollution de l’air domestique, à la pollution ambiante par les particules et à la pollution par l’ozone.

La pollution de l’air domestique est causée par la combustion de combustibles solides, tels que le bois, le charbon de bois, le charbon et le fumier, pour la cuisine et le chauffage.

Cette pratique expose des millions de personnes, notamment des femmes et des enfants, à des niveaux élevés de fumée et de gaz toxiques, tels que le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote et les particules fines (PM2,5).

Ces polluants peuvent provoquer des infections respiratoires, des maladies pulmonaires obstructives chroniques, le cancer du poumon, des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux.

La pollution ambiante par les particules, quant à elle, est le mélange de particules solides et liquides de différentes tailles et compositions en suspension dans l’air.

Il peut provenir de diverses sources, telles que les véhicules, les industries, les centrales électriques, les incendies, les tempêtes de poussière et les volcans.

Les PM2,5, les particules les plus petites et les plus nocives, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et la circulation sanguine, provoquant une inflammation, un stress oxydatif et des dommages aux organes et aux tissus. L’exposition aux PM2,5 peut augmenter le risque d’asthme, de bronchite, de pneumonie, de diabète, de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de décès prématuré.

Pendant ce temps, la pollution par l’ozone se forme lorsque les oxydes d’azote et les composés organiques volatils réagissent avec la lumière du soleil et la chaleur.

C’est un puissant gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique et au changement climatique. L’ozone peut également irriter les yeux, le nez et la gorge et endommager la muqueuse des poumons, entraînant une diminution de la fonction pulmonaire, des crises d’asthme et des maladies respiratoires chroniques.

Co-bénéfices : une solution gagnant-gagnant

Le rapport de l’OMS et du PNUE identifie plusieurs mesures susceptibles de réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre en Afrique, tout en offrant des avantages conjoints pour la santé, l’environnement et le développement. Ces mesures comprennent :

  • Promouvoir des solutions de cuisson et de chauffage propres et efficaces, telles que des cuisinières améliorées, du biogaz, des cuisinières solaires et des cuisinières électriques à induction. Cela peut réduire la pollution de l’air domestique, améliorer la qualité de l’air intérieur et faire gagner du temps et de l’argent aux ménages. Cela peut également réduire la déforestation, la dégradation des terres et les émissions de carbone.
  • Améliorer les transports publics et la mobilité non motorisée, comme les bus, les trains, les vélos et la marche. Cela peut réduire les embouteillages, les accidents de la route, la pollution sonore et la consommation de carburant. Cela peut également améliorer l’activité physique, la santé cardiovasculaire et le bien-être mental.
  • Augmenter la part des sources d’énergie renouvelables, telles que le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité et la géothermie. Cela peut réduire la dépendance aux combustibles fossiles, réduire les coûts de l’électricité et accroître l’accès et la sécurité à l’énergie. Cela peut également réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l’air et la consommation d’eau.
  • Mettre en œuvre des mesures d’efficacité énergétique, telles que l’éclairage LED, l’isolation et les compteurs intelligents. Cela peut réduire la demande d’énergie, réduire les factures d’électricité et améliorer le confort et la productivité. Cela peut également réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution atmosphérique et la demande de pointe.
  • Améliorer la gestion des déchets et l’économie circulaire, comme le recyclage, le compostage et la production de biogaz. Cela peut réduire la production de déchets, les émissions des décharges et la contamination de l’environnement. Cela peut également générer des revenus, créer des emplois et améliorer la qualité des sols et les rendements des cultures.

Le rapport estime que la mise en œuvre de ces mesures pourrait éviter plus de 300 000 décès prématurés par an en Afrique d’ici 2030, et plus de 1,2 million d’ici 2050, par rapport à un scénario de statu quo.

Cela pourrait également réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 40 % d’ici 2030 et de plus de 70 % d’ici 2050, par rapport à un scénario de statu quo.

Défis et opportunités

Le rapport reconnaît qu’il existe de nombreux obstacles et défis à la mise en œuvre de ces mesures en Afrique, tels que le manque de sensibilisation, de données, de capacités, de financement et de gouvernance.

Il reconnaît également qu’il existe des compromis et des incertitudes, tels que les impacts sociaux, économiques et environnementaux, ainsi que la nécessité d’approches participatives et spécifiques au contexte.

Cependant, le rapport souligne également les opportunités et les avantages de ces mesures, tels que l’amélioration de la santé et du bien-être, le renforcement de la résilience et de l’adaptation, l’augmentation de la croissance économique et de l’emploi, ainsi que la réduction de la pauvreté et des inégalités.

Il fournit également des exemples d’initiatives réussies et de meilleures pratiques de différents pays africains, tels que l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

Le rapport appelle à une action urgente et coordonnée de la part des gouvernements, des partenaires de développement, de la société civile, du secteur privé et des communautés pour intensifier ces mesures et atteindre les objectifs de développement durable et l’Accord de Paris.

Il appelle également à davantage de recherche, de suivi et d’évaluation pour évaluer les impacts et les co-bénéfices de ces mesures et pour éclairer les politiques et les pratiques.

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