La forestation stimule l’action climatique mais soulève des inquiétudes concernant la faune

Les efforts de reboisement sont prometteurs climat les gains grâce à l’élimination du dioxyde de carbone (CDR), mais ils risquent d’aggraver le conflit climat-biodiversité en ciblant les points chauds de la biodiversité. Une étude mondiale récente montre comment les terres destinées à la plantation d’arbres ou aux cultures bioénergétiques chevauchent des écosystèmes irremplaçables, appelant à des choix de sites plus intelligents pour éviter d’échanger une crise contre une autre.​

Cartographier le conflit climat-biodiversité

Les nations poussent les modèles de l’Accord de Paris à limiter le réchauffement à 1,5°C, désignant de vastes domaines pour le CDR comme le boisement et la bioénergie avec captage du carbone. L’auteur principal Ruben Prütz’s Changement climatique L’analyse de cinq modèles révèle un chevauchement de 13 % avec des points chauds de biodiversité riches en vie unique.​

Ces travaux portent sur 135 000 espèces (champignons, invertébrés, plantes, vertébrés) au-delà des études antérieures portant uniquement sur les vertébrés. Les modèles donnent la priorité au carbone plutôt qu’à la biodiversité, signalant les prairies et les tropiques où les habitats indigènes risquent d’être convertis. Les espèces exotiques à croissance rapide pourraient homogénéiser ces zones, mettant de côté les réserves de carbone à maturation lente qui ancrent les écosystèmes à long terme.

Les pays du Sud sont les plus durement touchés, malgré des antécédents d’émissions plus faibles, ce qui soulève des préoccupations en matière d’équité. Prütz note que les pays à revenu élevé ont une plus grande responsabilité en matière de solutions. Mark Urban, un écologiste de l’UConn, appelle cela une situation difficile : des mesures climatiques agressives peuvent nuire à la biodiversité si les sites manquent de soins.

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Pressions sur les points chauds de la biodiversité

Des zones sensibles comme les forêts épineuses de Madagascar ou la côte atlantique du Brésil regroupent la moitié des plantes de la planète dans de minuscules zones. Les ambitions du CDR les menacent : les prairies sont transformées en rangées d’arbres, détruisant les réseaux alimentaires pour les brouteurs, les pollinisateurs et la vie du sol. Les invertébrés souffrent le plus, liés aux sous-bois étouffés par la canopée.

Éviter les points chauds réduit les besoins en terres du CDR de plus de 50 % d’ici 2050, tout en préservant les objectifs climatiques. Les cultures bioénergétiques aggravent les risques liés aux champs de monoculture, lessivant les engrais dans les rivières. Mongabay les reportages mettent en évidence de tels refus, comme les projets en Asie du Sud-Est qui mettent de côté les avantages locaux.

  • Boisement : risque élevé, remodèle les habitats ouverts dans les tropiques et les prairies.​
  • Cultures bioénergétiques : risque très élevé, déplace les indigènes dans les prairies du Sud mondial.
  • Reboisement : risque moyen, viable avec les indigènes sur des terres dégradées.

Ces frictions montrent pourquoi la précision est importante. Les mélanges indigènes dans les fermes en jachère évitent de nombreux pièges.

Avantages du CDR et priorité des émissions

Le CDR pourrait sauver 25 % d’habitats en plus en réduisant le stress lié au réchauffement si les écosystèmes se rétablissent après un pic de chaleur. Les mangroves résilientes pourraient rebondir ; toundras fragiles, moins. L’urbain prône les « forêts bien faites » – des semences locales sur des sols appropriés, comme les pâturages dégradés en Espagne ou en Éthiopie.

La réduction des émissions reste essentielle. La décarbonation des industries et des régimes alimentaires réduit le recours aux CDR, libérant ainsi des zones à faible risque. UN Banque mondiale il y a des années, un rapport associait la déforestation aux deux crises, préconisant des plans holistiques qui équilibrent l’utilisation des terres.

Christian Hof, un biologiste allemand, fait l’éloge des résultats mathématiques de l’étude : les déplacements de terres et le réchauffement des menaces de doubles espèces. Des émissions plus faibles créent une « marge de manœuvre » pour des projets sûrs.

Stratégies de site gagnant-gagnant

Des cartes de précision superposent les couches de biodiversité avec des données sur le potentiel carbone, identifiant les zones sûres telles que les pentes ravagées par le feu ou les mines abandonnées. La technologie satellitaire suit les progrès, garantissant que les autochtones dirigent la replantation.

D’ici 2050, réduire de moitié l’empreinte terrestre s’aligne sur les objectifs climatiques de Paris et les pactes Kunming-Montréal pour la biodiversité. Les pays du Sud réclament des transferts de technologie plutôt que l’accaparement des terres. L’élimination du dioxyde de carbone (CDR) évolue d’un instrument brutal à un outil ciblé, contournant les points chauds de la biodiversité dans le conflit climat-biodiversité. Les forêts à venir allient science, équité et savoir-faire sur le terrain pour guérir ensemble les planètes et les espèces.

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