Les abeilles peuvent-elles s’adapter ? Une nouvelle recherche examine la résilience des pollinisateurs dans un monde en évolution

Les abeilles domestiques, pollinisateurs essentiels à l'origine d'un tiers de l'approvisionnement alimentaire mondial, sont confrontées à une multitude de menaces, selon de nouvelles recherches.

Une étude récente publiée dans Current Biology met en évidence les dangers posés par une combinaison de facteurs, notamment l'exposition aux pesticides et la perte d'habitat.

Les résultats ajoutent de l’urgence aux efforts en cours pour comprendre et combattre ce qui est désormais connu sous le nom de syndrome d’effondrement des colonies (CCD).

Bien que le CCD soit une préoccupation majeure pour les apiculteurs depuis plus d’une décennie, les causes exactes restent insaisissables. La nouvelle étude suggère que se concentrer uniquement sur un seul coupable, tel qu'un pesticide particulier, peut être trompeur.

Les chercheurs ont exposé les abeilles à divers facteurs de stress, notamment un fongicide courant et une mauvaise alimentation simulée, et ont constaté que la santé des abeilles se détériorait considérablement.

Cela indique qu’une combinaison de pressions environnementales, plutôt qu’un seul facteur, pourrait pousser les colonies d’abeilles vers l’effondrement.

Une course contre la montre : les apiculteurs à la recherche de solutions

Cette nouvelle constitue un coup dur pour les apiculteurs, déjà aux prises avec le déclin des populations d’abeilles. Les apiculteurs jouent un rôle essentiel dans l’agriculture, transportant leurs ruches entre les fermes pour polliniser les cultures.

Cependant, le syndrome d'effondrement des colonies a rendu cette activité de plus en plus imprévisible, certains apiculteurs signalant des pertes allant jusqu'à 80 % de leurs ruches en un seul hiver.

La nouvelle recherche offre une lueur d’espoir. En comprenant l’interaction complexe des facteurs de stress ayant un impact sur la santé des abeilles, les scientifiques et les apiculteurs peuvent développer des solutions plus ciblées.

Cela pourrait impliquer de développer de nouveaux pesticides moins nocifs pour les abeilles ou de créer des sources de nourriture alternatives pour les abeilles dans les zones en perte d'habitat.

L’avenir des abeilles, et par conséquent de notre approvisionnement alimentaire, dépend de notre capacité à relever ces défis. Grâce à la poursuite des recherches et à la collaboration entre scientifiques, apiculteurs et décideurs politiques, il est peut-être encore temps d’inverser le déclin de ces insectes vitaux.

Les abeilles domestiques assiégées : un réseau complexe de facteurs de stress

De nouvelles recherches dressent un tableau inquiétant des défis auxquels sont confrontées les abeilles. Contrairement à un simple méchant dans un film de super-héros, le déclin de la santé des abeilles semble être causé par un réseau complexe de facteurs de stress en interaction. La composition exacte de cette toile peut varier en fonction de l'emplacement et des cultures pollinisées.

L’un des principaux facteurs de stress est l’exposition aux pesticides. Les insecticides conçus pour cibler les ravageurs des cultures peuvent également nuire aux abeilles, directement et indirectement.

Un préjudice direct se produit lorsque les abeilles entrent en contact avec le pesticide lui-même. Des dommages indirects peuvent survenir lorsque les abeilles consomment du pollen ou du nectar contaminé par des pesticides.

Un autre facteur de stress est la présence de virus et d’acariens. Ces agents pathogènes peuvent affaiblir les abeilles et les rendre plus sensibles à d’autres facteurs de stress.

Une étude récente de l’Université York a révélé que certains facteurs de stress ont un impact beaucoup plus important que d’autres, et on les appelle facteurs de stress d’influence.

Les facteurs de stress, comme les acariens, apparaissent souvent avec d’autres facteurs de stress, aggravant ainsi les effets négatifs sur les abeilles. Cela ressemble à la façon dont les comorbidités peuvent aggraver les effets d’une maladie chez l’homme.

L'étude de l'Université York a porté sur des colonies d'abeilles domestiques partout au Canada et a révélé que les abeilles étaient exposées à une moyenne de 23 facteurs de stress à la fois.

La complexité de ces défis montre clairement qu’il n’existe pas de solution unique au syndrome d’effondrement des colonies. Une approche multidimensionnelle est nécessaire, combinant les efforts visant à réduire l’utilisation de pesticides, à contrôler la propagation des virus et des acariens et à améliorer l’habitat des abeilles.

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